Evoquant l’âge
d’or du pays des merveilles :
"Veut-on manger, les metz
sont épars dans les plaines
Les vins les plus exquis coulent
de nos fontaines,
Les fruits naissent confits en
toutes les saisons,
(…)
Le pigeonneau farci, l’alouette
rôtie,
Vous tombent ici-bas du ciel
comme la pluie".
Legrand (1737-1800) - Le roi de Cocagne I,2. |
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Le mets des rois
L’élevage des pigeons
remonte à l’antiquité. En témoigne
les vestiges des énormes
pigeonniers égyptiens en forme de tour et pouvant
abriter plusieurs milliers de couples. Mais seuls
les rois et leur cour avaient le privilège de
déguster du pigeonneau
au cours de fabuleux festins ; les premiers dateraient
du 3eme millénaire avant JC.
Elevés pour
leur chair tendre, les pigeons furent également
domestiqués
pour leur intérêt militaire. Ainsi, les
Romains utilisaient beaucoup les pigeons voyageurs pour
transmettre leurs missives.
Au Moyen âge, la noblesse
se régale de pigeonneaux farcis, cuisinés
en pâtés, soupe, rôtis ou bouillis.
Des Recettes telles que « le pigeonneau à l’orange » datent également
de cette période.
Les colombiers
furent jusqu’à la
révolution française des symboles de la
puissance et de l’autorité féodale.
Orientés
vers les terres des « vilains » afin
que les pigeons aillent manger sur leurs terres ; seul
le seigneur avait le droit de chasser le savoureux volatile.
1789,
la fin des privilèges
A la révolution française,
la nouvelle aristocratie, DANTON et ROBESPIERRE en tête,
se délecte de pigeonneaux et, pour être
approvisionnée, libéralise la possession
des pigeonniers. Désorganisés par la
révolution, les élevages sont confiés à des
amateurs qui n’ont pas le talent de sélectionneur
de leurs prédécesseurs.
Du
19e à nos jours
Il faudra attendre la fin du 19eme siècle
pour que cet élevage renaisse. Sous l'impulsion
de Gouffé, Favre, Escoffier..., les fondateurs
de la cuisine française donnèrent au
pigeonneau ses lettres de noblesse.
La
tradition est poursuivie aujourd’hui par les chefs
les plus connus et le
pigeonneau revient en force sur nos tables. Un « 3 étoiles » se
doit d’avoir du pigeonneau à sa carte qu’il
pourra cuisiner selon les recettes les plus innovantes. |